Démarche RSE = Une opportunité pour les PME?

En effet, la RSE parait concerner plus les grosses entreprises, pourtant les PME (moins de 250 salariés) représentent 99,8% du tissu industriel européen qui compte 20,5 millions d’entreprises, et emploient deux tiers des actifs. (source: Commission Européenne, Gros plan sur les PME)

Quid de la RSE ?

RSE, trois lettres pour signifier Responsabilité sociale des entreprises.

Une responsabilité face à l’environnement, mais également face aux salariés (emploi, recrutement, conditions de travail) et aux bénéfices (innovation, rapports coûts efficacité). Une politique de RSE est bénéfique à plusieurs niveaux pour l’entreprise : image, productivité, innovation…

La RSE permet d’associer logique économique, responsabilité sociale et écoresponsabilité.

RSE une démarche à valeur ajoutée?
« La valeur d’une entreprise devrait être mesurée par rapport à ses résultats financiers, mais aussi en fonction de la contribution positive de son activité à la société en général » d’après une étude réalisée par Deloitte sur la place de l’entreprise dans la société lors du dernier Forum Economique Mondial qui s’est déroulé début 2012 à Davos.

La compatibilité entre PME et RSE existe… Elle tient au format même des petites et moyennes entreprises et s’appuie sur plusieurs facteurs :
– Le mode de gouvernance et de relations sociales au sein des PME.
– La proximité avec l’ensemble des parties prenantes.
– Un ancrage territorial souvent très fort.
– Une plus grande agilité due à une meilleure flexibilité et réactivité.
– Une impérieuse nécessité d’innover pour exister et se développer.
– Un impact direct de leur action sur leur écosystème.

Concrètement la RSE se manifeste  dans les entreprises avec :
– des projets solidaires impliquant des collaborateurs,
– des achats responsables,
– des actions en faveur du dynamisme territorial,
– des plans de déplacement,
– des formation aux éco-gestes,
– de la dématérialisation des documents, etc.

– démarche produit vu RSE:

4 catégories de domaines couverts par une politique d’achats responsable (source étude de l’ORSE) :
– Le produit acheté : ses caractéristiques = qualité, sa sécurité, respect de
l’environnement… et ses conditions de fabrication
– Les critères d’éligibilité du fournisseur = éthique marketing, transparence, loyauté,
respect des engagements…
– Le mode de gestion de l’acte d’achat = éthique du référencement, de la conduite des
appels d’offres, lutte contre la corruption
– Les mesures d’accompagnement des fournisseurs = prix équitable, achat local,
collaboration durable…

– mais aussi l’amélioration des conditions de travail, avec par exemple une meilleure prévention des accidents, ou encore des primes liées à la pénibilité du travail, retient le personnel qualifié, accroît la motivation et le bien être des salariés, diminue le risque de conflit social et renforce la culture d’entreprise, avec pour conséquence première des gains de productivité.

– Un programme de réduction de l’impact environnemental de l’entreprise aura comme conséquence un rapprochement entre d’une part, les valeurs personnelles des salariés en tant que citoyens probablement concernés par le développement durable et le réchauffement climatique, et d’autre part la vie professionnelle de ceux-ci, organisée autour d’un mode de production plus respectueux de l’environnement. Cela favorise également un meilleur ressenti des conditions de travail.

Enfin, une solide réputation en matière de RSE permet de recruter et de retenir le personnel qualifié : les jeunes diplômés, par exemple, prennent en compte la réputation et les valeurs de l’entreprise pour choisir celles auxquelles ils vont adresser leurs candidatures.

En bref, des actions RSE peuvent être des actions peu coûteuses avec un excellent ROI pour améliorer le moral de leurs salariés, les motiver davantage et, du même coup, à accroître la productivité de l’entreprise (en effet, une entreprise socialement responsable et qui peut le prouver avec des certifications jouit d’un avantage comparatif par rapport à ses concurrents non certifiés. Sans conteste, l’environnement est une nouvelle source de compétitivité.)

Mais une démarche de RSE pour une PME n’est pas évidente à mettre en place.

Manque de ressources financières, de temps, de certification (à partir de 5000€ pour mettre en place le processus qui peut durer 3 ans), de formation, de labellisation, de communication.
Soyons pragmatiques, selon une enquête de la BDPME, trois dirigeants de PME sur dix privilégiaient la rentabilité par rapport au développement et la croissance à long terme de l’entreprise. Ce court-termisme est incompatible avec le management socialement responsable.

Des obligations ? Seulement pour entreprises cotées et depuis avril 2012 pour les entreprises non cotées de plus de 500 salariés de publier des informations justificatives

Intelligence économique et RSE
A lire dans un ouvrage collectif publié chez L’Harmattan sous la direction de Françoise Dupuich, professeure à l’ISC paris, un chapitre intitulé « Intelligence économique et responsabilité sociale des entreprise, entre théories vertueuses et pratiques paradoxales ». Co-écrit avec Karen Delchet-Cochet, professeure et chercheuse spécialiste du développement durable, il apporte un regard croisé sur deux démarches ou postures qui peuvent être aussi complémentaires qu’antagoniques…
Extrait:  » Aujourd’hui, la plupart des entreprises adoptent et revendiquent une démarche de RSE. Simultanément, elles développent des pratiques d’intelligence économique afin de connaître et maîtriser leur environnement stratégique. Si l’IE est censée mobiliser des moyens légaux, on constate cependant que, dans la pratique, certaines limites éthiques, voire légales, peuvent être franchies, comme le montrent diverses affaires qui défraient régulièrement la chronique. Au nom de la défense des intérêts vitaux de l’entreprise, voire d’une « légitime défense économique », l’intelligence économique peut révéler des pratiques contraires aux théories vertueuses de la RSE, entraînant l’entreprise dans une sorte de schizophrénie.
D’un côté, un ensemble de discours et de pratiques codifiées et inscrites dans une logique de développement durable, suggère une vision harmonieuse des relations économiques, appelant une posture d’intelligence collective. De l’autre, un ensemble de discours et de pratiques qui suggèrent, au contraire, que les relations économiques sont de nature violente, appelant une posture fondée sur « l’art de la guerre », en référence au stratège

Si ces conditions sont réunies, l’entreprise va pouvoir bénéficier des effets de ce que Porter et Kramer (1) appellent une « RSE stratégique » qui, par l’intégration de nouveaux critères sociaux, environnementaux et économiques, peut être un formidable accélérateur d’innovation, de création de valeur et de compétitivité. Une réalité particulièrement essentielle dans un contexte de recherche de nouvelles voies permettant d’ouvrir le champ des possibles, de laisser la créativité s’exprimer et d’accéder à de nouvelles opportunités de croissance et de développement – y compris par des stratégies de rupture, théorisées par W. Chan Kim et Renée Mauborgne avec leur Blue Ocean Strategy®.
•    (1) Porter et Kramer, « Strategy and Society: The Link Between Competitive Advantage and Corporate Social Responsibility », Harvard Business Review, December 2006.

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