Sommes-nous surveillés sur les réseaux sociaux ?

Les réseaux sociaux professionnels deviennent inévitables quand on veut communiquer sur son entreprise ou son métier aujourd’hui, et si vous n’avez pas encore votre profil vous y réfléchissez… mais attention au contenu que vous mettrez à disposition…

Alors qui nous surveille en tant que professionnel ou entreprise?  Le gouvernement, la police, les employeurs, les concurrents… ?

Au bureau…

Au bureau, les mentalités évoluent et les employeurs permettent de plus en plus l’accès aux réseaux professionnels pour permettre à leurs salariés de communiquer pour favoriser les travaux de groupe, faire du buzz sur l’entreprise… mais les dérives existent et les entreprises qui franchissent le pas ont l’intelligence de mettre en place une formation et/ou un règlement qui permettra de cadrer l’utilisation.

Près de quatre employeurs sur dix surveillent l’utilisation des réseaux sociaux par leurs salariés dans le monde, un taux en hausse de près de 10 points par rapport à 2011, indique une étude du cabinet Proskauer publiée en novembre 2012. Cette étude réalisée auprès de 120 entreprises dans 19 pays

Ainsi, dans le monde, uniquement 35,8% des sociétés interrogées indiquent contrôler l’usage de réseaux comme Facebook, LinkedIn, Twitter, etc… par leurs salariés, contre 27,4% en 2011.

Près de sept entreprises sur dix expliquent avoir mis en place des règles d’utilisation de ces réseaux. Selon l’enquête, près d’un quart des entreprises interdisent l’usage des réseaux sociaux à des fins non professionnelles à leurs salariés et restreignent l’accès à certains de leurs employés.

Une autre étude publiée sur le Journal du Net confirme ces chiffres. Selon le Gartner (cabinet américain de conseil et de recherche dans le domaine des techniques avancées), trois entreprises sur cinq vont surveiller ce que font leurs employés sur les réseaux sociaux en 2015. C’est 6 fois plus qu’aujourd’hui.

Nous pouvons noter de nombreuses affaires de licenciements dûs aux réseaux sociaux, par exemple des salariés se sont amuser à critiquer leur hiérarchie via une discussion publiée sur un mur et ce alors que leurs profils n’étaient pas publics. Ces propos avaient néanmoins été rapportés à leur employeur. Le Conseil de prud’hommes a alors considéré ces licenciements comme licites par un jugement du 19 novembre 2010.

« Journée de merde, boulot de merde, boîte de merde, chefs de merde », et « j’aime pas les petits chefaillons qui jouent aux grands », ce sont les propos d’un employé de Caen sur le profil Facebook de son syndicat en 2010. Mauvaise idée puisque le salarié était poursuivi ensuite pour « injure » par sa société.

En 2007, le jeune américain Kevin Colvin est devenu célèbre pour avoir été le premier employé viré à cause des réseaux sociaux. Il avait prétexté une urgence familiale pour s’absenter du boulot mais ses patrons l’avaient retrouvé… déguisé en fée pour Halloween, sur une photo de son profil Facebook

La tendance ne va pas à la baisse, selon un article de janvier 2011 paru dans 20minutes, un employé sur cinq avouait critiquer son entreprise sur les réseaux sociaux. 

La police…

La police s’est lancée sur les réseaux sociaux au travers d’une plate-forme gouvernementale  qui s’appelle PHAROS, c’est un portail de signalement de faits délictueux sur internet.

 

Des services dans l’ère du temps, car en vous connectant sur le portail ou leur page Facebook, vous pourrez désormais déposer une pré-plainte en ligne et géolocaliser le commissariat le plus proche de chez vous.

La police est désormais présente sur Twitter, Dailymotion, avec la création d’une web TV proposant des films pédagogiques et sur Flickr.

 

 

Et le gouvernement ?

Le Service d’Information du Gouvernement géré par Matignon, est en charge de cette veille. Il est constitué de trois personnes chargées en permanence et uniquement de la veille sur internet.

Le gouvernement collabore avec Visibrain, qui commercialise un outil de veille stratégique sur Twitter et qui fait désormais partie des sous-traitants du SIG. Cette entreprise a publié des statistiques sur les volumes de tweets lors des débats entre les deux candidats à l’élection présidentielle en France en 2012.

Sur le réseau Twitter, les comptes officiels sont ceux du Président, du premier Ministre et des ministères. Ils pourraient passer à un seul compte d’ici peu, permettant d’avoir une visibilité officielle. Selon le gouvernement, le but de sa présence est de prévenir les situations de crise et de mesurer l’impact d’une décision

Au plus haut niveau de l’Etat, la température monte, en effet les économies réalisées grâce au cloud pourraient se payer très cher si l’accès aux données stockées sur les serveurs n’est pas bien verrouillé. De même le manque de limites claires entre la France et les Etats-unis pourrait augmenter la confusion.

L’ère de l’espionnage industriel n’a jamais été autant d’actualité, le risque est donc présent et la hache de guerre facile à déterrer…Par exemple suite à une fuite dans la presse, Areva a admis en septembre 2011, avoir été victime d’attaques, mais n’a jamais révélé l’ampleur de ce qui avait été découvert…

La SSI (l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), directement rattachée à l’Elysée et Matignon, recrute des centaines de cyberdétectives de haut vol. En 2012, 260 polytechniciens, mathématiciens et professionnels du chiffrement travaillent déjà à détecter les attaques et à alerter les cibles. La Direction générale de l’armement se mobile aussi sur ces problématiques pour défendre les attaques du cyberespace web….

Selon un article du Monde du 22/12/2012: « Pour défendre nos cyberfrontières, l’état-major des armées compte aussi sur les citoyens, comme le révèle le contre-amiral Arnaud Coustillière, officier général à la cyberdéfense. « Nous sommes en train de recruter une cinquantaine d’experts dans le civil pour constituer une réserve citoyenne. » Dans son QG du boulevard Saint-Germain à Paris, il reçoit des ingénieurs de Thales, Sogeti, Bull ou Orange – mais aussi des chercheurs et des avocats qui auront pour mission de sillonner la France dès 2013, afin d’expliquer les enjeux liés à la sécurité informatique. Une campagne indispensable car même bien gardées, les frontières n’arrêteront pas le vent de l’Histoire, qui souffle en faveur du cloud ».

En bref, il faut rester très vigilant sur nos profils professionnels, mais aussi sur l’organisation informatique de l’entreprise, en cloud ou pas, pour optimiser la sécurité de toutes vos données. Le mal n’est pas partout, mais il vaux mieux l’envisager pour ne pas prendre de risque!

 

 

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